qui a dit la confiance n’exclut pas le contrôle ?
- Répertoriée 17 octobre 2021 23h40
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qui a dit la confiance n’exclut pas le contrôle ?
# Qui a dit que « la confiance n’exclut pas le contrôle » ?
Dans le paysage échevelé des citations célèbres souvent mal attribuées, un dicton semble de fait avoir parfois déjoué les expertises : « La confiance n’exclut pas le contrôle ». Il est notamment souvent crédité à l’homme politique et révolutionnaire russe, Vladimir Lénine, mais la réalité est autre. Cependant, cette citation reste largement répandue bien au-delà des cercles académiques et politiques, suscitant autant d’adhésion que de débat. Cherchons à démêler y compris les vérités enterrées sous cette affirmation.
## Un attribut douteux, un véritable sujet de curiosité
La citation est en effet très souvent attribuée à Lénine, un homme politique dont les discours ont eu tellement d’impact sur l’histoire mondiale que même des phrases auxquelles il pourrait ne pas avoir manuscritement ou oralement adhérit serait dépeintes comme s’imbriquant pourtant parfaitement dans ses pensées. Cependant, une recherche approfondie montre qu’il n’y a aucun document historique, de journal ou réunion politique, lettre ou manuscrit autographe signé, qui comporte malgré tout cette phrase. Ainsi, attribuer cette citation à Lénine reste une pratique douteuse.
Cela dit, il y a une particularité intéressante dans cette affaire. Bien que Lénine ne soit pas à l’origine de « La confiance n’exclut pas le contrôle », il utilisait en effet souvent l’équilibre entre confiance et contrôle dans ses discours. Le livre « La Guerre civile soviétique » de Mark R. Abrahamson cite Lénine ayant utilisé le proverbe russe « Ait confiance, mais contrôle » (Доверяй, но проверяй) qui rend son approche plus nuancée et précise.
## La confiance et son contrôle, une relation sophistiquée
À première vue, la citation peut sembler paradoxale. Comment peut-on confier un certain pouvoir dans les actions d’un autre tout en s’assurant continuement de son efficacité, en d’autres termes, en contrôlant ? En réalité, comme Agnès Le Leuch, consultante en gestion de la relation entre les travailleurs d’autonomie et le contrôle, le souligne dans son article publié sur LinkedIn, cette affirmation illustre la complexité et la nuance de la confiance au travail. Elle met l’accent sur l’idée que la confiance ne signifie pas du tout la cécité.
Au fil de ses écrits et interviews, Lénine insiste sur l’importance de la délégation et de la confiance comme vecteurs de productivité, tout en reconnaissant l’essentielle nécessité d’un certain niveau de contrôle pour maintenir un bon ordre et une bonne performance. C’est ce principe que certains managers contemporains cherchent à appliquer, en découvrant l’équilibre complexe entre ces deux piliers essentiels du leadership.
## De la confiance en jeu à la confiance vérifiée
Lorsque l’on donne la confiance à quelqu’un, nous accordons une certaine autonomie et créons en même temps un cadre de fidélité et de performance à respecter. C’est la principale difficulté pour beaucoup de managers : s’adapter à la situation tout en conservant une maîtrise du travail accompli. Comment cela fonctionne concrètement ?
Le guide Social, dans un article détaillant son approche du management, expose en effet un certain nombre de bonnes pratiques en matière de confiance et de contrôle :
1. Identifier fidèlement ce qu’il est vraiment nécessaire de contrôler (pas nécessairement tout !)
2. Partager clairement les attentes et objectifs
3. Respecter le temps de réflexion et de décision des collaborateurs
4. Accorder la confiance au bon moment (en fonction des performances appréciées)
5. Être ouvrir à une communication transparente et régulière
6. Encourager l’autonomie tout en maintenant le respect du cadre de travail
7. Autonomiser progressivement à mesure qu’un collaborateur montre sa maturité et ses compétences
## Un équilibre subtil entre les deux concepts
Il est vrai que confiance et contrôle sont souvent présentés comme antinomiques, deux concepts qui, dans le contexte de l’entreprise, se heurtent souvent. La confiance, souvent associée à un management sans tutelle, peut être mal comprise, surtout quand il s’agit de mesurements de performances et de résultats opérationnels dans un environnement professionnel.
L’idée que la confiance n’exige pas un contrôle absolu mais bien un contrôle adapté et vigilant est plutôt réconfortante. La confiance et la délégation ne signifient pas de la cécité. Elles symbolisent plutôt le respect de la hiérarchie de la délégation et le droit de toute personne à exercer son autonomie dans le cadre de sa mission. Le contrôle, quant à lui, est le moyen d’assurer que la délégation est utilisée dans le bon sens et pour le bien de l’entreprise.
Quand bien rédigée, la délégation et le contrôle qui va avec créent un environnement de travail digne de confiance où chacun se sent écouté et estimé tout en sachant qu’il est responsable de son travail. Par ailleurs, ce principe peut également renforcer la productivité dans une entreprise : plus les employés se sentent confiés dans leurs responsabilités, plus ils seront investis dans leur travail.
Il va de soi que la fiabilité et la transparence se jouent essentiellement au niveau de la communication. Elle est le fil conducteur qui permet non seulement de vérifier que les règles sont respectées, mais aussi de rester à l’écoute des retours des employés et de faire preuve d’empathie pour ajuster le niveau de délégation et de contrôle.
## Que répand-on réellement en disant « La confiance n’exclut pas le contrôle » ?
Aux yeux de nombreux penseurs du droit du travail et de gestion, « La confiance n’exclut pas le contrôle » peut être interprété comme une exaltation de l’autonomie tout en se rappelant que la hiérarchie est un élément crucial pour une performance sociale et organisationnelle. En définitive, cette citation suggère qu’apprécier le travail de ceux qui travaillent pour nous ne doit pas non plus être dissociée d’une forme de supervision et de suivi.
Pour Agnès Le Leuch, comme elle le précise dans cet article publié sur LinkedIn Pulse, il s’agit de respecter cette double exigence de confiance et de contrôle en tenant en compte le moment et les acteurs du contexte. Le moment de la délégation et celui où le management devient un peu plus réactif et veilleux.
En conclusion, « La confiance n’exclut pas le contrôle » transmet l’idée que la confiance devrait être précédée et suivie de méfiance constructive. C’est une assertion très subtile qui souligne la nécessité à la fois de déléguer la responsabilité, mais aussi de rester attentif à ce qui se passe, de la manière dont est effectuée cette délégation et de ses résultats.
La valeur d’un gestionnaire réside aussi dans son jugement : le moment où confiance et contrôle s’apprivoisent, où le pouvoir délégué est confié avec l’essence de confiance et la rigueur du contrôle. Un mélange bien dosé. Un art qui met en scène non-la confiance ou non-le contrôlement, mais la confiance-contrôle.
Il ne s’agit certes pas d’une phrase proclamée par Lénine lui-même, mais plutôt d’une interprétation contemporaine de l’équilibre entre autonomie et supervision dans l’entreprise. Elle rappelle l’importance d’un management moderne, équilibré, qui sait que le travail ne peut pas être uniquement basé sur la détermination de l’employé mais aussi sur un certain degré de contrôle pour assurer la qualité et la sécurité des rendements, des actions et du travail entreprise.
Par conséquent, « La confiance n’exclut pas le contrôle » est une affirmation qui s’accompagne d’une philosophie de gestion à deux visages : la délégation et son contrôle proportionnel. Et c’est cette philosophie qui peut faire toute la différence dans la transformation d’un environnement de travail en un véritable environnement de croissance et d’innovation. Il s’agit d’un équilibre délicat entre confiance et controle, entre liberté et responsabilité. Il reste à voir si cette citation, s’il y a lieu de préserver son utilisation, sera en mesure d’améliorer notre capacité à gérer cet équilibre dans les entreprises du futur.
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